1.1. Qu’est-ce que
le clavier ?

Nous connaissons généralement le clavier comme cet objet situé sous l’écran informatique, et composé de touches sur lesquelles sont imprimés des caractères typographiques. L’ordre de ces touches est assez méconnu. L’objet est généralement plat, seules les touches forment le relief. On utilise le clavier pour interagir avec l’ordinateur. On pense surtout à la saisie de mots par la combinaison de caractères. C’est donc avant tout un outil d’interaction textuelle.

Histoire

Le clavier que l'on pourrait nommer "typographique" ou "dactylographique" a été mise-au-point par Christopher Latham Sholes en 1867, pour son prototype de machine à écrire. Système intégralement mécanique permettant l'impression de caractères typographiques sur une feuille de papier. À l'origine, les touches étaient disposées dans l'ordre alphabétique. Considéré peu pratique, un clavier prenant en compte la fréquence d'utilisation des lettres est mis au point: le clavier Dhiatensor.

Le mécanisme avait le défaut de se bloquer, voire de se casser, lorsque la vitesse de frappe augmentait. En effet, certains caractères ont une fréquence d'emploi élevée et une grande proximité sur le clavier. Cela entraîne souvent alors un "emmêlement des barres à caractères" (tiges mécaniques). Afin de déjouer ce problème, Sholes étudie les fréquences de frappe et développe un clavier réduisant la vitesse de frappe globale, mais surtout éloignant les caractères les plus utilisés. C'est la naissance du Qwerty.

Évolution

Avec l'apparition de l'informatique moderne dans les années 60, l'ordinateur est commandé par la saisie de lignes de commande. L'ordinateur affiche sur un écran les informations et traite les ordres envoyés par l'opérateur. Ces éléments textuels sont un langage qui est compris par la machine et déclenche des opérations informatiques. L'utilisateur interagit donc en formant des combinaisons de caractères, des mots, voire des phrases. Pour ce faire il a besoin d'un outil permettant de saisir ces caractères. Le clavier de la machine à écrire, déjà très répandu, est adopté par l'informatique. Vers la fin des années 70, le texte va prendre une part encore plus importante dans l'interaction avec la machine pour devenir l'outil d'interaction informatique majeur. Le clavier informatique se transforme quelque peu pour s'adapter aux nouveaux besoin, mais conserve sa structure d'origine. À tel point, que le clavier informatique conserve la disposition des touches, le décalage des rangées et la forme en héritage de la machine à écrire.

Langue

Le système de Sholes conçu pour la langue anglaise, fut nommé Qwerty en relation aux premiers caractères de la première ligne (Q, W, E, R, T, Y, U, I, O, P). Ce système propose un agencement adapté à la saisie de texte anglais, prenant en compte la fréquence d'emploi des caractères dans cette langue. Étant donné que chaque langue a des fréquences d'emploi différentes, différents claviers ont été conçus pour les différentes langues.

Ainsi on trouve des claviers Azerty pour le français, Qwertz pour l'allemand, etc. Mais ces systèmes hérités du modèle américain sont dictés par les contraintes physiques du clavier mécanique. Avec la machine à écrire moderne (et plus tard l'informatique), ces contraintes peuvent être repoussées.
En 1932, le clavier Dvorak est créé. Le système est délaissé par le public qui est habitué à l'archaïque Qwerty. En France, une tentative similaire avait eu lieu au début du siècle, avec la création du clavier Zhjayscpg (ou Zhjay) par Albert Navarre, sans succès.

Touches

A l'origine, le clavier permet uniquement la saisie de caractères minuscules. Le système est optimisé et permettra ensuite l'emploi des majuscules, de caractères spéciaux et de ponctuations. Les machines à écrire ont traditionnellement moins de cinquante touches, pour une centaine de signes.Pour ce faire on peut alterner entre deux signes d'une touche par l'activation du "shift". Avec le clavier informatique, le nombre de touches s'accroit progressivement.

Dans les années 80, il atteint le standard de cent cinq touches (ISO 9995), avec l'accès à plus de cent cinquante signes, et plusieurs dizaines de fonctions. C'est le clavier moderne tel qu'il est encore employé. Pour accéder à toutes ces fonctions, le clavier comprend plusieurs touches combinatoires (ex: "shift" et "alt"). Celles-ci sont actionnées avant ou simultanément une touche classique, et permet d'actionner les signes alternatifs. Ces signes sont généralement imprimés sur chaque touche à côté du signe principal. De nombreuses fonctions informatiques récurrentes ont leur propres touches, à l'instar de "insertion", "suppression", "échapper", etc.

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Touches multimédia
Dans un soucis de fonctionnalité et d'attractivité en milieu concurrentiel, les claviers ont été ajoutés de touches de fonctions multimédia, plus ou moins pertinentes. Ces ajouts ne sont pas standardisés mais démontrent le besoin qui apparaît chez les usagers de disposer de "raccourcis clavier".

Détails techniques
Un clavier mesure en moyenne quarante-cinq centimètres de long, pour quinze centimètres de large. Une touche est un pavé aux bords arrondis. Elle mesure en moyenne dix-sept millimètres. Un clavier possède généralement six rangées de touches. L'espacement entre les touches varie entre deux et sept millimètres.

Usages

Auparavant, le clavier était le seul outil d'interaction nécessaire pour piloter l'ordinateur. L'informatique personnelle s'est développée avec l'apparition de l'interface graphique utilisateur. Mais c'est l'arrivée de la souris qui transforme véritablement l'utilisation de l'ordinateur. Avec ce nouvel outil simple, on peut désormais manipuler un curseur à l'écran. Rapidement cette méthode devient dominante. L'interface est toujours plus dédiée à la souris et l'emploi du clavier décline et se spécialise.

La saisie de texte

Le fait de rédiger un texte nécessite de pouvoir assembler des caractères. Le clavier est la méthode la plus approuvée jusqu'ici.

La recherche par mot clé
Il consiste à accéder à des données par une méthode de recherche textuelle.

Les raccourcis clavier
Dans l'utilisation d'un logiciel, un grand nombre de fonctions sont disponibles et souhaitées. Le logiciel permet d'accéder à ces fonctions par le biais du clavier. Les raccourcis ont différents degrés de complexité.

La manipulation simple
La manipulation d'éléments par le clavier peut s'avérer utile, dans certains cas indispensable.

La navigation simple
Comme la manipulation, la navigation dans l'interface peut en partie se faire au clavier.

Le couplage souris
Le clavier permet de modifier le curseur manipulé par la souris. Cela change les fonctionnalités

Usages discrets

L'informatique est tellement présente dans nos vies, que nous ne pensons pas toujours être en face d'un ordinateur. Si l'on prend le cas du téléphone portable, c'est un petit appareil informatique avec lequel nous interagissons surtout via des boutons. Mais également avec des éléments textuels. Dans le passé nous utilisions des commandes numériques. De 0 à 9, ainsi que dièse (#) et étoile (*). Soit douze touches. Ces touches se sont rapidement dotées de caractères alphabétiques. D'abord trois par touche, permettant ainsi de composer l'alphabet et quelques signes de ponctuations.

Plus récemment, les claviers alphanumériques standards sont apparus sur nos téléphones mobiles. Devenus plus puissants et plus intelligents, ces appareils dits "smartphones" sont de véritables ordinateurs simplifiés. Ceux-ci ont abandonné le curseur (souris) pour une navigation par boutons ou interaction tactile. En revanche le clavier informatique est très présent, il est généralement condensé pour des raisons d'espace. Il peut être physique à l'instar du célèbre BlackBerry, ou bien tactile. C'est ce dernier qui nous intéresse particulièrement.

Observations

L'objet clavier est un outil à la fois basique et complexe. Il est manufacturé directement pour une forme finale, imprimé d'un modèle local pour la langue. Et branché à n'importe quelle machine dans le monde. Il est maîtrisé très jeune par les nouveaux utilisateurs. Cependant il n'est généralement utilisé qu'à un quart de son potentiel : taper du texte. C'est presque toujours un problème de visibilité des fonctions.
La manipulation ou la navigation sont rarement employées avec le clavier. La souris fait presque tout. Et le couplage clavier/souris qui accroît considérablement les fonctions de la souris est ignoré.

Le confort même du clavier est mal pensé. Nous utilisons un clavier vieux de cent cinquante ans, pour interagir avec nos interfaces modernes. Il n'est pas ergonomique. il ralentit volontairement la frappe. Nous oblige à des gestes répétitifs inconfortables.

Ensuite, ce problème de formatage du clavier à une langue est critique dans un monde globalisé. Virtuellement il peut être toutes les langues du monde. Mais physiquement il est statique, inadaptable. Aujourd'hui les interfaces tactiles à clavier virtuel permettent cette transition d'une langue à une autre. À l'infini et sans difficulté.
Enfin la question des standards me semble intéressante. Car le standard est un critère formidable d'harmonisation et de compatibilité. Mais l'environnement numérique peut communiquer avec l'individu de façon spécifique.

Chacun emploie l'ordinateur à sa façon. Même l'usage du clavier est personnel. Mais l'objet lui est standard. Pourquoi ne pas penser les périphériques comme une continuité de l'interface. Ils participent à l'interaction avec la machine, comme l'interface graphique peut le faire. En cela, le clavier devrait être personnalisable dans le détail. Universel par certains aspects, mais surtout individuel.

Le clavier est le périphérique d'interaction informatique historique. Cependant il est aujourd'hui reléguer à la saisie de texte. Et parfois, à l'activation de raccourcis plus ou moins arbitraires.