1.2. Qu’est-ce que
la souris ?

Il s’agit vraiment d’un objet anodin avec un nom animalisé. Elle est installée sur chaque machine, et prend des formes très diverses. La souris (de l’anglais mouse) est un outil qui a bouleversé l’univers de l’interaction Homme/Machine. C’est la clé de la naissance de l’interface graphique utilisateur. Le curseur que l’on glisse sur la surface de l’écran est un symbole devenu universel. Mais que savons-nous vraiment de la souris?

Histoire

La mécanique du curseur était déjà connue dés l’origine de l’affichage informatique. Les boutons que l’on tourne (potentiomètres) sont des ancêtres de la première souris. Elle fut inventée en 1963 par Douglas Engelbart. Elle est présentée au public en 1968, au cours d’une conférence où il présentera également d’autres innovations dont bien évidemment l’interface graphique utilisateur. C’est à la base une petite boite qui peut tenir dans la main. Équipée d’un bouton pressoir et de deux petites roues installées à la perpendiculaire l’une de l’autre. En déplaçant l’objet sur une surface on fait tourner les roues qui envoient par un fil à l’ordinateur, le signal des déplacements. On bouge la souris et l’objet à l’écran bouge en relation.

C’est une innovation grandiose. En créant cet objet l’équipe de Douglas Engelbart conçoit et réalise l’interface graphique utilisateur qui emploie un curseur. On le déplace sur l’écran et on sélectionne les options en pressant le bouton. L’interaction se libère et devient plus fluide. La souris est améliorée et s’équipe rapidement d’une boule qui actionne les deux roulettes lorsque l’on déplace la souris. Ce mécanisme plus fluide encore deviendra le plus utilisé.

L’interaction informatique se fait désormais avec une souris à boule. Rapidement un second bouton s’ajoute. L’outil restera ainsi pendant de nombreuses années.
Vers la fin des années 1990, la souris est un objet très commun. Il est souvent équipé d’une molette. Cet élément permet le glissement dans les pages ou les listes. Puis la souris devient optique. Cela signifie qu’elle n’a plus de boule qui tourne, mais un dispositif optique qui mesure les déplacements sur une surface. Plus précis et plus souple, le système optique se perfectionne et s’impose. La mollette aussi se perfectionne. La souris s’ajoute de fonctions. Mais dans l’ensemble elle reste le même outil de pointage.

Évolution

La souris optique est un objet important car elle est plus performante et ne demande pas d’entretien. Elle fonctionne sur tout type de support. La souris qui porte son nom pour sa forme et son fil qui la relie à l’ordinateur. Grâce à la technologie de radio-communication, la souris est devenue sans-fil. Elle peut désormais s’utiliser à distance et sur n’importe quel support, même s’il n’est pas plat. La souris est désormais plus libre et efficace.

Certaines ont des profils sophistiqués avec un degré de précision qui permet des usages très fins, voire variables en fonction du contexte. Beaucoup de constructeurs proposent des petites fonctionnalités supplémentaires. Dont des systèmes tactiles sans affichage.
L’intégration du tactile à la souris est une évolution intéressante pour cet objet qui s’emploie à la main. On peut ainsi réaliser des gestes à la surface d’une partie de la souris. Cette zone proche des doigts reconnaît le mouvement. Avec le multitouch (captation tactile multiple) la souris tactile devient encore plus fonctionnelle. L’objet est confortable. Mais le touchpad (pavé tactile) conçu pour les ordinateurs portables est plus souple encore.

Avec le multitouch, ce pavé tactile permet un contrôle fluide et précis du curseur. Des gestes sont disponibles dans certains contextes, permettant la navigation et la manipulation d’objets. Les dernières avancées du multitouch sur touchpad ont permis à celui-ci de devenir un objet indépendant, sans-fil et plus grand. C’est un outil d’interaction efficace et confortable. Cependant il est potentiellement moins précis que la souris traditionnelle dans certains usages, à cause de sa taille. Avec une surface tactile plus grande, on pourrait alterner la précision du curseur en fonction du contexte. Et se rapprocher du fonctionnement des tablettes graphiques.

Stylet

La tablette graphique et le stylet sont des outils de pointage un peu à part dans le monde informatique. Leurs usages sont plutôt réservés à des personnes qui réalisent des projets graphiques. L’association de la tablette et du stylet s’apparente à celle de la feuille de papier et du crayon. Cet appareil permet donc de dessiner sur un ordinateur avec une précision et une ergonomie proche de celle des outils traditionnels de dessin. Il pallie le manque de précision et de maniabilité des souris (dérive, prise en main, etc.). Suivant la qualité du modèle, la tablette permet de mesurer la pression sur la pointe du crayon, l’inclinaison, la rotation, l’accroche, ou d’autres paramètres indispensables en dessin classique. La gestion de ces paramètres (pression, inclinaison) diffère selon les logiciels d’infographie, mais elle a pour but en premier lieu d’adapter l’outil à la propre sensibilité de l’utilisateur. C’est un outil très efficace, performant et confortable. Mais c’est aussi un outil dédié et qui ne profite pas des avantages du multitouch.

La tablette graphique est vraiment utile dans l’activité de design graphique. On s’en sert souvent mais l’objet a besoin d’espace pour être installé. Plus la tablette est grande et plus elle est précise.L’objet devient rapidement encombrant. L’adjonction d’un clavier, obligatoire et éventuellement d’une souris envahit l’espace de travail. Il existe des écrans qui sont équipés d’un système de stylet et qui permet de travail directement sur l’écran. Le geste et le regard sont reliés pour plus d’ergonomie. La technologie DuoSense de la société N-Trig propose même un écran tactile qui fonctionne également au stylet. Il permet une grande souplesse d’utilisation et produit de nouveaux usages.

Usages

La souris est le périphérique d’interaction principal. On l’utilise pour tout dans nos interfaces courantes. Bien entendu le clavier peut également tout faire mais son usage pour la navigation et l’exploration est laborieux. On lui préfère de loin l’emploi du curseur. Le clavier est essentiel car comme il a été noté, l’interaction informatique est profondément textuelle. Mais nos interfaces se présentent pour la souris. On pilote le curseur à l’écran, sans jamais regarder sa main. On navigue dans les interfaces. On manipule des objets, des éléments. On actionne des fonctions. Et on peut obtenir de nouvelles fonctions et couplant l’action de la souris à une ou plusieurs touches du clavier. La fonctionnalité de la souris est importante et diversifiée.

L’usage de la souris c’est également un geste. Le déplacement de l’objet sur une surface plus ou moins grande. Ce geste emploi l’ensemble épaule/bras/main. La souris traditionnel nécessite des gestes plus importants que le touchpad. Mais en contre partie elle est plus précise. Dans le cas de ces deux types de pilotage du curseur, un système d’accélération permet de régler la sensibilité et donc l’amplitude des mouvements. Pour la tablette graphique c’est un rapport d’échelle direct entre la tablette et l’écran. Un point de la tablette est toujours égale au même point à l’écran. Ceci permet une gestuelle encore plus développée. Les mouvements sont plus agiles et plus fluides. Mais l’effort demandé est en conséquence plus grand. De plus, la tablette est mal adaptée à l’exploration. Il n’y a donc pas d’outil parfait car les différents usages de l’ordinateur incitent à des outils spécifiques.

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Données utilisateurs Plusieurs projets coopératifs mènent une étude à grande échelle de l’usage de la souris et du clavier. Leurs données permettent de réaliser l’importance de ces périphériques. La seule observation de la souris nous renseigne sur les gestes que nous effectuons et leurs fréquences. En un mois un utilisateur de l’ordinateur à but professionnel, effectue plus de cinquante mille clics (50 000 clics). Et parcourt avec la souris près de vingt kilomètres (20km). Sur une journée moyenne, cela représente deux mille clics et huit cents mètres. Cet utilisateur enclenchera également près de cent cinquante mille touches durant le mois. Tout cela justifie les besoins d’ergonomie.

Observations

La souris est un outil basique, qui consiste à piloter un curseur à l’écran. Les mouvements de l’utilisateur sont répercutés sur le curseur. La précision de ces gestes et de l’outil, modifie le comportement du curseur. Cela a une influence sur l’utilisation de l’interface. Le pointeur définit l’endroit où la zone que l’on veut désigner. Les boutons de la souris vont permettre d’agir sur l’interface. Il y a plusieurs types d’actions. Le contexte détermine en général le type d’action disponible. Il est également possible de déclencher des actions alternatives par le maintien de touches du clavier. La souris est équipée depuis longtemps d’un second clic permettant des actions alternatives, et surtout l’apparition d’un menu d’actions.

Ce schéma très banalisé et standardisé permet de contrôler avec aisance la plupart des applications que l’on rencontre. Les gestes sont un peu à part car ils ne sont pas directement liés à la souris. En revanche la position du curseur sur l’écran détermine l’attention de l’interface et les gestes agissent donc sur l’élément qui est porté à l’attention. C’est pourquoi la relation entre curseur et geste est plus profonde que d’apparence. La souris est un outil qui est donc plus riche qu’il ne paraît et plus complexe que nous aurions pu l’envisager.

Il est primordial de garder en tête les fonctionnalités de la souris, et de savoir comment il serait possible de les intégrer au projet. Afin de concevoir un système qui additionne les avantages des différents outils et propose une interaction simple, fluide et ergonomique.

La souris est le périphérique d'interaction privilégié avec l'ordinateur. C'est un outil simple, universel et précis. Il a évolué, mais c'est l'interaction tactile multipoint qui bouleverse son usage.