2.1. Clavier virtuel

Les interfaces informatiques virtuelles proposent très souvent des claviers virtuels,
c’est-à-dire un clavier non physique qui apparaît à l’écran et permet de saisir
l’ensemble des touches disponibles sur le système.
Cette solution est apparue pour palier à l’absence de clavier physique
lorsque qu’un dispositif de pointage est disponible.

Existant

De façon générale, un système d’exploitation propose un clavier virtuel affiché à l’écran pour permettre d’interagir avec l’interface même si l’on ne dispose que d’une souris. Ce clavier reprend toutes les touches disponibles d’un clavier standard. Il est généralement adapté à l’ordinateur employé. Ainsi le clavier pour un ordinateur Apple diffère d’un clavier Windows. Mais un clavier virtuel Apple pour ordinateur fixe diffère également d’un clavier virtuel Apple pour ordinateur portable. De plus, ce clavier virtuel a l’avantage de proposer la version pour la langue employée. Ceci est modifiable aisément.

L’avantage majeur du clavier virtuel est la visibilité des fonctions disponibles, et l’affichage des combinaisons de touches. L’inconvénient principal du clavier à l’écran est que l’activation de chaque touche se fait au curseur, nécessitant de laborieux mouvements de souris. Un aspect peu employé mais potentiellement pratique est l’emploi du clavier virtuel comme soutien visuel du clavier physique : on peut ainsi rapidement visualiser la position d’un caractère, même dans une langue autre que le clavier physique employé.

Spéciaux

Certains périphériques emploient le clavier virtuel comme une nécessité, et d’autres comme fin. Si l’on prend le cas des appareils gps, ils sont généralement équipés de peu de boutons et leur interface est majoritairement tactile. Parmi les actions courantes, la recherche d’une adresse de destination est certainement la plus courante. Un clavier virtuel est donc intégré à l’interface. Pour des raisons pratiques et car la liste des destinations est limitée à celles enregistrées, le clavier du gps élimine l’accès aux caractères non pertinents. Ainsi, l’affichage dissimule les caractères et ne laisse accessible que les touches utiles à l’instant donné. C’est un concept très utile pour un système qui doit être sécurisé, simple et confortable. De plus cela fonctionne comme une sorte de correction automatique au fur et à mesure. Mais le clavier du gps est très souvent alphabétique. Ce qui n’est pas cohérent avec l’expérience utilisateur. De plus, le clavier n’est qu’un outil de l’interface du gps.

Si l’on prend le cas de la caisse enregistreuse tactile, celle-ci propose un clavier comme outil principal. C’est la fonction même de l’appareil, avec l’enregistrement des activités de caisse. Dans l’ensemble il suffit de régler l’interface afin que celle-ci propose le clavier dont on a besoin. Un commerçant pourra ainsi définir le nombre de touches nécessaires en lien avec son activité, la taille de ces touches, leurs codes couleurs, etc. C’est une caisse enregistreuse personnalisable et évolutive ce qui en fait un outil de simplification de l’activité de vente. Mais ce type de clavier ne permet pas la saisie comme sur un ordinateur traditionnel.

Tablette tactile

Le clavier virtuel est un outil méconnu et peu employé. Car en soi il n’apporte pas grand chose et il est bien moins performant que le clavier physique. Mais le clavier virtuel s’est fait connaître avec la multiplication sur le marché des tablettes tactiles. Celles-ci sont généralement simplifiées, et ne disposent que de très peu de boutons physiques afin de dédier toute l’interface à l’interaction tactile. Dans ces conditions il faut bien permettre à l’utilisateur de saisir des caractères dans de nombreux contextes.

Pour ce faire, les systèmes d’exploitation des tablettes proposent un ou plusieurs claviers virtuels. Ceux-ci sont récurrents dans l’interface et apporte une certaine cohérence à la saisie sur le support. Parmi les plus connus, on trouve les claviers Android (Google) et iOS (Apple). Ce dernier est une véritable référence dans le domaine tant il est utilisé et confortable. Ce fut aussi le premier clavier virtuel tactile grand public à s’inspirer directement du Qwerty standard. Mais à cause de sa taille il ne correspond pas du tout à la disposition du Qwerty. En effet, le clavier d’iOS n’affiche qu’une quarantaine de touches. Les caractères alphabétiques, ainsi que quelques touches de fonctions. Les critères de taille et de simplicité déterminent fortement la conception du clavier virtuel tactile.

Spécifications

Dans l’intention de concevoir une interface de clavier pour tablette, nous observons les conventions actuelles: L’écran d’une tablette mesure en moyenne neuf à onze pouces de diagonale, soit vingt-trois à vingt-huit centimètres. Cela représente une vingtaine de centimètres dans la longueur, en position paysage. Le clavier occupe environ la moitié inférieure de la surface de l’écran.

Il comprend généralement une quarantaine de touches, distribuées sur quatre rangées. Soit environ dix touches par rangée. Une touche mesure quinze millimètres de large en moyenne. Sa longueur varie pour des raisons de fonctionnalités, mais elle mesure rarement moins que sa hauteur. L’écart entre les touches varie d’un système à un autre. L’interface Android propose un clavier standard avec un écart de moins de trois millimètres.

Les fonctions des touches sont orientées vers la saisie de texte puisque c’est sa seule fonction. Ainsi l’alphabet est affiché, avec une ponctuation très limitée. Les boutons correction, retour et majuscule sont présents sur toutes les interfaces. Généralement un bouton permet de transiter les touches de caractères présentes vers d’autres symboles comme les chiffres et d’autres ponctuations. Certaines interfaces proposent d’autres touches, telles que les options ou la langue.

Le clavier virtuel sur tablette est très fonctionnel mais son usage est moins performant que le clavier traditionnel. Avec l’usage d’une interface dédiée, on peut ajouter des touches. Surtout en ajoutant des rangées. Ainsi donné par exemple accès aux chiffres, ponctuations et d’autres touches de fonctions.

Spatialité

Le clavier physique que l’on utilise, a peu évolué en un demi-siècle. Cela nous conforte dans nos habitudes et nos gestes. Nous permettant ainsi de nous repérer sur n’importe quel clavier rencontré. La spatialité du clavier est une chose importante. Elle facilite l’usage de l’outil. Plus nous maîtrisons l’espace de notre clavier et plus nous pouvons être efficace. C’est pourquoi le clavier d’une tablette s’inspire autant de celui physique. Mais les gestes viennent vite et l’on s’adapte rapidement à un nouvel espace de saisie, quel que soit sa taille.

La conception d’une interface de saisie tactile doit tenir compte de ce critère. Cependant il n’est pas nécessaire de contraindre la structure en voulant copier le clavier physique. Il faut conserver une cohérence et amener des indices qui aident à l’interaction.

Affichage

Le clavier virtuel d’une tablette est plus ou moins contraster. Il doit être simple de distinguer les touches les unes des autres. Chaque touche présente un caractère, un symbole ou une icône. Sur la plupart des interfaces, la touche d’un caractère donne accès aux variantes de ce caractère. Par exemple la touche du "e" permet de saisir le "e" avec tous les accents possibles. Cela s’avère très utile et permet de réduire l’espace nécessaire.

Pour l’affichage des caractères, Android propose une sorte d’affichage en "casse réelle", qui présente le caractère saisi dans sa casse. Le système iOS en revanche affiche toujours le caractère en haut de casse (majuscule), à l’instar du clavier physique. Le fait que le clavier soit dynamique permet l’affichage de sa casse en temps réelle. Mais on pourrait ajouter les autres critères, comme la police, la famille, la graisse, l’emploi de l’italique, la couleur…

Forme

Le clavier a une forme assez banale,c’est globalement un rectangle. Sur lequel les touches forment d’autres rectangles, légèrement écartés les uns des autres. Sur le clavier physique , l’ensemble est incliné et les rangées de touches sont en escalier. Le clavier tactile peut être incliné mais le relief est impossible. Sa forme est contrainte par l’écran. Mais il est virtuel et peut donc prendre des formes variables, évolutives et plus ou moins originales.

On trouve quelques claviers dits ergonomiques qui sont plus adaptés à la morphologie et à l’action de la saisie. Ces claviers ont des formes et des organisations très spécifiques, qui sont calqués sur les positions du corps. Cette intention peut être intégré au clavier tactile. Comme il est évolutif, on peut le régler précisément à sa morphologie. La taille des doigts, des mains et des bras deviennent des critères d’individualité pertinents.

Le clavier virtuel est souvent pensé comme paliatif à l'absence du périphérique physique. Ici, c'est je souhaite essayer de dépasser le clavier physique par la réalisation d'un clavier virtuel intelligent.