3.1. Modification

L’une des particularités de l’interface tactile est sa modularité. Elle est souple et modifiable.
Mais un outil que l’on transforme peut être source de confusion.
Il faut donc concevoir un système qui soit facile à manier, à transformer et à rétablir.

Usages

Plus l’interface est personnalisable et plus l’utilisateur peut faire évoluer son interaction. Mais la complexité du système est proportionnelle. L’outil devient vite incontrôlable. Il faut pouvoir s’adapter aux usages sans être accaparé par l’interface. Les usages sont très nombreux, c’est une particularité de l’ordinateur et une difficulté qui a déjà été relevée. Un usage entraîne différents contextes qui ont toutes sortes de fonctionnalités.

Il faut s’appuyer sur le principe du profil. Un utilisateur est identifié, il a donc des données propres. Ses usages fréquents sont mémorisés et structurés. Les contextes les plus rencontrés par l’utilisateur constitue une espèce de catalogue individuel. L’interface est donc au fait de l’expérience courante de l’utilisateur. Les fonctions les plus employés dans ces différents contextes ajoutent à cette construction de l’identité de l’utilisateur. Cette notion abstraite de ce que l’interface sait de l’utilisateur constitue un ensemble de données pouvant être employé à adapter le système.

Configuration

Les trois axes principaux de cette adaptation sont : la configuration manuelle, la configuration suggérée et la configuration automatique. Cette dernière sera explorée plus loin au sujet de l’autonomie. Dans le cas de la configuration manuelle, l’utilisateur conserve toute la main sur le système. Il fait plutôt volontairement les changements qui lui semblent intéressants. La configuration suggérée est une proposition du système sur la base de l’expérience d’interaction collectée par l’interface. Ce traitement sous-jacent fait émerger des solutions d’adaptation. La pertinence des propositions est liée à la connaissance de l’outil et à sa capacité à extraire des observations depuis les données d’usage. Dans tous les cas, le contrôle de l’utilisateur est essentielle à la bonne marche du système.

Claviers

L’une des situations les plus courantes observées dans les usages, est le changement de contexte impliquant un changement du mapping (affectation) du clavier. Cela se produit lorsque l’on change d’application, ou lorsque l’on change de contexte au sein d’une application.

D’une application à une autre, c’est tout ou partie du clavier qui est modifié. Si en plus on modifie et personnalise un de ces contextes, comment s’y retrouver et comment garder une cohérence? Parmi les solutions étudiées il y en a quelques-unes qui apparaissent plus pertinentes :

La transition facile entre les différents claviers d’un contexte. Que ce soit un clavier classique ou une pure création de l’utilisateur, les différents agencements sont accessibles simplement et rapidement. On peut changer ou avoir une vision d’ensemble des claviers disponibles pour un même contexte.

La pérennité des préférences fait référence à la mémorisation des changements effectués dans un agencement, pour un contexte donné. Ainsi, une modification locale ne transforme pas obligatoirement l’ensemble des configurations. On peut ainsi aisément changer l’affectation d’une touche dans un contexte, et retrouver cette modification à la prochaine occurrence de ce contexte. On peut aussi décider qu’un changement est valable pour tous les contextes.

L’enregistrement des claviers est un problème important car cela défini une série de sous-profils pour un utilisateur. Accroissant considérablement la complexité de l’interface et son utilisation. La sauvegarde des modifications et des agencements doit être simple, rapide et visuelle. Pour une douzaine de programmes, il faut envisager que l’utilisateur peut disposer de plus de trente agencements. L’interface prend en compte cette difficulté.

La cohérence de l’interface est toujours un soucis majeur. L’utilisateur doit pouvoir s’y retrouver, quel que soit son usage, sans avoir à effectuer une série de réglage avant de pouvoir démarrer son activité. L’ensemble des fonctionnalités de personnalisation doit être discret et non-invasif.

Observations

Les pistes explorées et les problèmes soulevés nous révèlent les lacunes des propositions actuelles. La visibilité des fonctions, des possibilités est contraire à l’épuration du système. Pourtant celles-ci sont un des avantages majeurs de l’interface de saisie tactile. Sans quoi il ne s’éloigne pas d’un clavier avec des étiquettes collées dessus. À l’inverse un surinvestissement de l’utilisateur dans le pilotage de l’interface l’écarte de son objectif et rend l’interface contre-productive.

La multitude de contextes et de modifications possibles gênent l'unification des solutions observées. L'interface doit être évidente pour l'utilisateur. Pour cela il faut en partie réduire le champ des possibles.