3.3. Évolution

Ce qui apparaît comme étant le plus désiré au sujet de cette interface, est sa capacité à évoluer.
Comme il a été observé pour les modifications, l’évolution tire parti du profil utilisateur,
des usages et de la propriété dynamique de l’interface.
Mais le dynamisme est aussi un vecteur de complexité pour l’utilisateur.

Définition

L’évolution concerne les transformations de l’interface tout au long de l’interaction. Ces transformations ont lieu dans l’instant de l’utilisation. Ainsi, lorsque l’on passe d’un programme à un autre, ou d’un contexte à un autre, l’affichage de l’interface se transforme. Cette transformation peut être plus ou moins radicale. Cependant pour l’utilisateur, elle doit être compréhensible, identifiable et non perturbante. L’évolution instantanée doit préserver la cohérence du système.
D’un autre côté, l’évolution de l’interface se réalise au cours du temps. C’est un processus général qui permet d’adapter l’interaction à soi. Cette évolution moins radicale et plus progressive doit tout autant préserver la cohérence du système. L’utilisateur doit comprendre ce qui change si cela lui est nécessaire.

Changement

Il y a donc clairement deux temporalités de changement. L’une est immédiate et concerne la dynamique de l’interface. C’est à dire les transitions, les transformations ponctuelles. L’activation d’un mode, d’un clavier alternatif ou d’un contexte spécifique, transforment l’affichage. Cette transformation doit non seulement être lisible et esthétique. Moins elle doit aussi assurer à l’utilisateur qu’il est maître de son outil. Le simple passage d’une application à une autre est une transformation brutale qui nécessite un accompagnement. Le passage d’un clavier à une autre version est également une transformation brutale mais différente. Les indications de transition doivent donc être cohérentes avec ces différents degrés de changement.

La seconde temporalité est le changement profond et durable. C’est la modification par configuration de l’interface. Configuration qui est généralement volontaire, elle implique cependant que l’utilisateur soit en totale connaissance des conséquences liées aux changements. Pour assurer une interaction stable et continue, l’interface doit faire connaître ces changements. Et permettre d’annuler, rétablir ou effectuer une modification. La conception de l’interface doit donc rendre ces évolutions visibles et contrôlables. Tout en fournissant la plus grande souplesse possible.

Autonomie

Cette notion fait référence à la capacité d’apprentissage et d’adaptation de l’interface. On pense à l’intelligence artificielle du sytsème. Au fur et à mesure de l’usage, il peut faire émerger des motifs d’actions récurrents. Ces données débouchent sur des adaptations, des modifications propres à l’utilisateur et à ses activités. Par exemple, un utilisateur qui active une même fonction très régulièrement dans un ou plusieurs contextes souhaite potentiellement que celle-ci soit plus facile d’accès. Le système est à même de faciliter cette configuration, voire de l’initier. Mais cette prise d’initiative peut gêner l’utilisateur.

Il doit être donc informer de toute proposition d’intervention du système. connaître la nature et la conséquence de la modification. Et bien sûr, avoir le contrôle sur cette modification. Dans ces conditions, l’autonomie de l’interface est très réduite pour éviter toute transformation involontaire. L’interface soutient l’interaction mais elle ne détermine pas les configurations.

Observations

L’autonomie est une possibilité mais pas une nécessité. L’utilisateur est généralement le meilleur référent pour le choix d’une configuration. Le système doit accompagner l’interaction, mais pas la perturber.

Comme on peut le voir, les deux temporalités explicitées ne sont pas incompatibles. En revanche, il apparaît difficile d’assurer que le système évolue sans pour autant devenir plus complexe. La cohérence est essentielle, localement et globalement. Il doit être possible de voir et de comprendre les changements.

L’utilisateur doit garder le contrôle en toute circonstance. Éventuellement, il est possible de changer l’affichage pour passer vers un mode plus statique et homogène. Mode qui évacuerait certaines informations ; à l’instar d’un mode plein-écran.

Enfin, il doit être simple et rapide d’annuler une modification, de la reproduire ou de visualiser ce qui change. La fonctionnalité, la simplicité et la cohérence de l’interface dépendent en grande partie de ces questions.

L'évolution du système est intéressante car c'est une souplesse qui manque aux périphériques actuels. L'autonomie est un avantage certain mais il peut s'avérer complexe dans l'usage. C'est la cohérence qui reste le critère central.