4.1. Gestuelle clavier

Nous avons l’habitude d’appuyer sur des touches, de presser des boutons, de glisser une souris et de cliquer.
Le nombre de touches saisies pendant une session d’usage de l’ordinateur est très importante.
On parle de milliers de touches par jour lorsqu’il s’agit de rédiger du texte.

Principe

La saisie de touches est un geste essentiel. Même si ce n’est pas l’unique façon de saisir des données, c’est la méthode adoptée depuis la machine à écrire. Sa transposition sur l’écran tactile est simple dans la mesure où elle consiste à concevoir des objets d’interface qui réagissent au contact de l’utilisateur, à la façon d’un bouton. Seulement pour fonctionner, la touche numérique doit être sensible. Elle est activée par un contact même léger. Comment fonctionne alors le clavier tactile? Est-il possible de rabaisser la sensibilité des touches?

Le clavier tactile s’inspire naturellement de celui physique. On appuie du doigt sur la touche sélectionnée. Celle-ci signale son activation via les différents feedbacks disponibles. Dans son apparence, le clavier tactile est plus proche d’un clavier virtuel. C’est une interface graphique qui réagit au contact. Il faut donc traiter cet objet comme un élément d’interface à l’écran et comme un objet d’interaction au doigt.

Doigt

L’interaction avec les touches est réalisée avec un seul doigt. Chaque doigt qui entre en contact avec l’écran à l’endroit d’une touche virtuelle active celle-ci. Ce principe est employé dans l’interaction tactile en général car c’est l’action de base. Le doigt vient simplement presser la vitre en un point. Il est possible de maintenir le contact, ou d’engager un geste après avoir effectué le contact. Ce geste peut être prédéfini pour déclencher une action alternative. Cela existe déjà sur certains claviers tactiles des tablettes commercialisées. Un geste vers le haut depuis la touche d’un symbole permet d’accéder aux autres symboles (variantes ou autres).

Affordance

De façon générale, on peut indiquer qu’un élément est un bouton de deux façons. Par référence métaphorique, l’objet d’interface ressemble à un bouton. Il en a l’aspect et les particularités. On le reconnait comme tel et on sait que l’on peut l’appuyer. On attend qu’il se comporte comme un bouton physique.

Autrement on use d’une référence idiomatique, un dessin signifiant un bouton. Tout au long de l’interaction, ce dessin revient pour représenter toujours cette fonction. L’intérêt de la métaphore est sa forte affordance pour un utilisateur non averti. En revanche, le symbole du bouton permet une plus grande liberté de design. De plus, l’ajout de fonctionnalités à un élément interactif est plus simple avec des symboles. Ainsi, en modifiant quelque peu un symbole de base, on peut indiquer que tel ou tel objet a un usage différent. On construit ainsi une affordance de manière symbolique, en créant un ensemble de signifiants cohérents pour l’utilisateur.

Observations

Le bouton est l’objet la plus basique de l’interaction tactile. L’action de contact avec l’écran à un doigt est très courante. Pour signifier cet objet dans l’affichage, la représentation symbolique est la plus souple et la plus ouverte. Le clavier emploie nécessairement des touches qui se comportent comme de simples boutons. Ces touches peuvent aussi être des boutons spéciaux avec des emplois plus spécifiques. Encore une fois signifiés par un système symbolique.

Un geste à deux doigts pour activer un bouton est possible mais il est peu employé et serait relativement complexe à comprendre. L’affordance pour un tel objet n’est pas usuelle dans l’expérience utilisateur. Un doigt c’est une action, deux doigts c’est déjà un geste.

La sensibilité de l’interface est une question importante car l’emploi d’un clavier pour la saisie diffère d’une gestuelle de navigation ou de consultation. Les mains sont très actives et se reposent régulièrement sur les touches. Le fait de pouvoir toucher l’écran sans activer les touches serait un atout certain. Il faudrait que l’écran tactile soit sensible à la pression. La saisie de touche ne se réaliserait alors que dans un geste plus fort et plus sec. À l’instar des gestes sur un clavier physique.

Les gestes de saisie faisant référence au clavier sont simples et connus. Il faut s'en tenir à des critères basiques pour réaliser une interaction rassurante.